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 Actualité de Société

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imane

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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 20 Jan - 4:29

Khmissa a dix ans et des nouveautés



25 femmes en lice, 5 seront retenues«Khmissa est née il y a 10 ans déjà avec l'objectif de promouvoir et mettre en avant les femmes œuvrant avec abnégation dans l'ombre et la discrétion pour le développement du Maroc», c'est ainsi que Abdellatif Khizrane, directeur de la publication des éditions Lilas, a présenté l'événement Khimssa Lesieur Cristal 2007, le 18 janvier dernier lors de la conférence de presse organisée à Casablanca.

Ainsi, à travers les 25 nominées choisies par le Comité d'éthique selon des critères dûment définis, à savoir l'exemplarité dans l'action, les qualités humaines et éthiques, le respect des valeurs et le niveau d'engagement, Khmissa tente de montrer le vrai visage du Maroc nouveau, fort de ses talents féminins qui travaillent dans tous les secteurs d'activité.

Mais la nouveauté de cette année réside dans l'introduction de deux nouvelles catégories : Administration et service public et Sciences, recherche et développement.

«La catégorie Administration et service public est là pour valoriser l'appareil de l'Etat et pour contrer ceux qui le critiquent.
Ces femmes qui agissent dans le domaine économique et participent à la promotion du pays sont des exemples qui remettent en cause un stéréotype.

Ce sont donc des modèles pour nos jeunes filles», a tenu à souligner Nezha Lahrichi, présidente de la SMAEX et membre du comité d'éthique de Khmissa 2007.

Cette édition 2007, qui coïncide avec le dixième anniversaire de Khmissa, rendra également hommage à dix femmes qui se sont engagées et militées pendant des années dans l'action politique.
«C'est une façon aussi de commémorer une décennie d'avancées dans le domaine de la défense des droits des femmes au Maroc», a indiqué Abdellatif Khizrane.

Aujourd'hui, les dés sont jetés. Désormais, les 25 nominées sont sous les feux de la rampe et c'est aux votants de choisir qui parmi elles auront le prix Khmissa Lesieur Cristal 2007. Ainsi, il est possible de voter en envoyant un SMS ou en remplissant les coupons-réponses publiés dans Citadine et l'ensemble des médias nationaux, ou encore en votant sur le site Internet : www.khmissa.org. La sélection finale aura lieu le 1er mars en présence d'un notaire.

Quant aux noms des lauréates, ils seront rendus publics au cours de la soirée de gala, le 3 mars 2007 au Palais des Congrès à Marrakech.
Bonne chance à toutes les candidates !

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La liste des 25 nominées
Dans la catégorie Action sociale et humanitaire, les nominées sont : Elazza Essalami
Malika Ben Mahi, Nezha Mossadegh, Fatima Datsi Boutaleb et Fatima Elmaghnaoui.

Dans la catégorie Sciences, recherche et développement, nous retrouvons Hasnaa Chennaoui, Merieme Chadid, Nouzha Guessous Idriss, Nadia Bernoussi et Oumama Aouad Lahrech.
Dans la catégorie Administration et service public, afin de rendre hommage aux femmes fonctionnaires, les nominées sont Khadija Chami, Nouzha Mkinsi, Rabha Zeidguy, Boucetta Mounia et Leïla Sbiti.

Pour Art et culture, les votants ont le choix entre Leïla Marrakchi, Yasmine Chami, Rachida Alaoui, Hind Benjilany et Rita Saher. Et pour ce qui est du sport, nous avons Elgaraa Leila, Meryem Alaoui Selsouli, Lamyaa Bekkali, Fatima Zohra Lachgar et Elhaddad Samira.

REPÈRES
Bilan des 10 ans
> 175 nominées
> 35 femmes récompensées
> Des millions de téléspectateurs
> Plus de 1.500 spectateurs
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imane

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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 20 Jan - 4:30

Nos agricultrices ont la cote en Espagne



Quelque 2.600 ouvrières travailleront dans les fermes andalouses en mars prochain

Elles sont contentes, elles sont pleines d'espoir, elles partiront en Espagne. En effet, quelque 2.600 ouvrières iront dès le premier mars prochain à Huelva en Andalousie pour trois mois, pour travailler dans les champs pour la cueillette de la fraise et autres produits agricoles.

Pour la plupart, ces femmes issues des quatre coins du Royaume n'ont jamais quitté leurs régions natales. Traverser la Méditerranée est une aventure sans précédent. «C'est évident que nous avons le trac, mais espérons que cela marche bien», souligne Fatima, 28 ans, originaire d'Imintanout. «Nous sommes bien accueillies et, à leurs grand bonheur, celles qui sont sélectionnées sont bien prises en charge», ajoute-t-elle.

En effet, en cette journée du mercredi 17 janvier, elles étaient nombreuses à passer le test de sélection dans les locaux de la Maison de la culture à Mohammédia. La file d'attente est importante et l'heure est à l'expectative. Voire à l'angoisse, l'enjeu étant de taille.


Selon une responsable de l'Agence nationale de la promotion de l'emploi et des compétences (Anapec), organisme qui gère cette opération en partenariat avec le Projet Aeneas Cartaya (programme de gestion intégrale de l'immigration saisonnière), ce n'est pas la première fois que l'Espagne a recours à la main-d'œuvre marocaine qui a une très bonne réputation. L'année dernière, ce sont environ 900 personnes qui ont été choisies. Elles étaient toutes originaires du Gharb, notamment Sidi Allal Bahraoui et Sidi Allal Tazi.

Les habitants de cette région ont l'habitude de travailler dans les fermes de production de la fraise. Pour cette année, le gouvernement a préféré élargir cette offre pour qu'elle soit généralisée à tout le Royaume. Des femmes sont venues notamment de Nador, Fès, Azrou, Tanger, Tétouan, Guelmim et Tan Tan.

Fatima est aux anges. Elle vient d'être sélectionnée. Pour cette mère de trois enfants, ce travail est une véritable occasion pour acquérir son propre logement.

Selon ses dires, elle ne ménagera aucun effort pour mener à bien sa mission. Surtout qu'elle vient d'apprendre que sa rémunération s'élèvera à 33,29 euros net (environ 350 DH) par jour. Elle dont le salaire ne dépassait guère les 80 DH pour l'emballage des légumes dans la région de Chichaoua.

Karima, d'Aïn Tawejtat, est née en 1983. Elle aussi rêve d'un nid douillet où elle pourrait s'occuper de ses trois enfants.
Elle travaillait également dans des fermes contre un salaire quotidien variant entre 30 et 60 DH. «Une misère», dira-t-elle. Son angoisse est très apparente. Et il y a de quoi. Dans quelques minutes, cette jeune femme pleine d'espoir passera devant les recruteurs espagnols présents sur place.

Dès leur sélection, les femmes signent immédiatement les contrats. Un compte bancaire leur est ouvert pour faciliter le transfert de leur salaire au Maroc. Ces chanceuses prendront également part à un atelier réservé à la sensibilisation contre l'émigration clandestine. En effet, plusieurs personnes qui ont bénéficié de ces opportunités ont profité de leur séjour en Espagne pour s'éclipser dans la nature. Selon Iksan Ben Terras, coordinatrice de ce projet, l'émigration clandestine est un véritable problème pour ce programme. Le taux de retour des employés marocains est très bas.

Ceux qui ne se présentent même pas aux lieux de travail sont également nombreux. Cela cause un grand embarras aux employeurs qui se trouveront, en pleine campagne, sans main-d'œuvre.
Les pertes sont énormes, souligne Ben Terras. Rappelons que les personnes qui donnent satisfaction bénéficieront, au bout d'un certain nombre de voyages, du statut de répétitrices.

Au nombre de 700 pour l'instant, ces répétitrices ne passent plus par les entretiens ni les sélections. Au bout de trois à quatre fois, elles auront leur carte de séjour provisoire.

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Conditions de travailElles travailleront six heures par jour et quand elles feront des heures supplémentaires, elles seront rémunérées en conséquence, nous expliquent les organisateurs de cette initiative.

Outre le travail dans les champs, elles auront droit à des activités culturelles et culinaires, afin d'égayer leur séjour en Espagne.
Les frais du transport à partir du Maroc seront assurés par les employeurs alors que les employées supportent les frais de retour.
Les employeurs assureront un logement en communauté. «Le coût de la vie est très insignifiant», assure la coordinatrice.
Selon elle, tous leurs droits seront garantis. Elles travailleront selon le code du travail en vigueur.

Les employées auront droit à la sécurité sociale et à tous les services sociaux, comme n'importe quel citoyen espagnol.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 20 Jan - 4:41

Reportage. Ces Marocains qui meurent de froid

Même si ses responsables refusent de l'admettre, la région de Khénifra où se rendra bientôt Mohammed VI est une zone sinistrée. Le bilan est déjà lourd : 27 morts. Et ce n'est sans doute pas fini. TelQuel s'est rendu sur place pour enquêter sur ce drame humain passé sous silence. Zoom sur un Maroc insoupçonnable.


Khénifra fait partie de ces villes qui ne changent pas. Ou du moins, qui n'en donnent pas l'air. Un gigantesque portrait de Hassan II trône encore sur la façade du siège de la province, les terrasses de café
débordent toujours autant sur l'avenue principale et les quelques rares hôtels classés de la ville sentent le vieux. En ce dimanche 7 janvier, le temps est plutôt agréable. Le thermomètre a gagné quelques degrés, plongeant la capitale des Zayane dans une douce torpeur hivernale. Difficile d'imaginer que, quelques kilomètres plus loin, le froid fait tomber chaque jour de nouvelles victimes. Des nourrissons, dit-on. “Nous en avons entendu parler à la télévision, nous lisons ce qu'écrit la presse. Il paraît que des gens sont morts à Anfgou. Mais c'est très loin d'ici”, nuance Saïd, un serveur de café.

Sur le plan administratif, le petit village relève de la province de Khénifra, mais il se trouve en fait à quelques encablures d'Imilchil (province d'Errachidia, 250 km plus au sud). “C'est un village dont en entend rarement parler. Personne ne s'aventure dans ces régions éloignées à part les exploitants forestiers et quelques camionneurs”, s'explique un autre habitant de la ville. Face à cette indifférence manifeste, quelques journalistes locaux et autres militants associatifs s'agitent pour tirer la sonnette d'alarme. “Deux autres enfants sont décédés ces deux derniers jours. L'Etat a abandonné plusieurs milliers de personnes encerclés par la neige et coupés du monde pendant plus de 25 jours. En tout, plus de 20 décès ont été enregistrés alors que les communiqués officiels parlent d'une dizaine de morts”, s'indigne Aziz Akkaoui, responsable de la section locale de l'AMDH. Normalement, Mohammed VI se rendra bientôt dans la région. “Il sera à Midelt, mais peut-être fera-t-il un tour dans la région de Khénifra. Il constatera alors de lui-même l'ampleur de la catastrophe que ses collaborateurs cherchent à dissimuler”, espère un élu communal.

Tounfit, dernier point du Maroc utile
Au petit matin, le thermomètre indique un petit degré à Khénifra. Direction : Tounfit, chef-lieu de la région sinistrée. 140 km de route secondaire, mais parfaitement praticable, séparent les deux localités. Sur le trajet, les vents glacés qui soufflent des monts Layachi et Maâsker font rapidement chuter la température à moins 6 degrés. Nous sommes déjà à 1800 mètres d'altitude. Vers 7 heures du matin, les ruelles de Tounfit sont encore désertes. Seuls quelques écoliers bravent courageusement le froid pour se rendre dans leurs classes, chauffés avec des moyens de fortune. C'est à Tounfit que les habitants des douars avoisinants font leurs emplettes et accomplissent l'ensemble des formalités administratives. “Les habitants d'Anfgou s'y rendent régulièrement. Mais depuis plus d'un mois, on en voit de plus en plus rarement”, affirme un commerçant. En tout, seule une soixantaine de kilomètres sépare Tounfit d'Anfgou. “Mais la route est dans un état lamentable. À tel point que le trajet peut durer plus de quatre heures”, avoue un gendarme de Tounfit.

La route en question se trouve en fait sur le lit de l'oued Tougha. Chaque année, les crues d'été en rongent une petite partie. Par endroits, la largeur de la chaussée dépasse à peine les deux mètres. “Cette route a coûté 34 millions de dirhams, affirme Ahmed Chouihat, gouverneur de la province de Khénifra. Chaque année, il fallait reconstruire ce qu'emportaient les crues. Aujourd'hui, au lieu de nous enfermer dans ce cycle infernal, nous avons lancé une étude pour établir un nouveau tracé qui s'éloigne de l'oued et désenclave deux nouveaux douars. Les travaux ont déjà commencé”. En attendant, l'état de la route se détériore davantage jour après jour…

En quittant Tounfit, la température continue à baisser. Les petites barrettes, indiquant la disponibilité du réseau GSM, disparaissent tout aussi inexorablement des écrans des téléphones portables. L'asphalte cède la place à une boue durcie par la gelée matinale. La montagne reprend ses droits, comme il y a trois semaines.

Le 7 décembre, d'importantes chutes de neige bloquent la circulation sur ces pistes, au-delà desquelles vivent plus de 15 000 personnes. Les chasse-neige, mobilisés sur d'autres axes prioritaires, ne peuvent de toute façon pas accéder à ces régions montagneuses. Pendant plus d'une vingtaine de jours, cinq communes au moins sont totalement coupées du monde. Et dans le petit village d'Anfgou, un mal mystérieux continue de faire des ravages parmi les habitants. Finalement, ce n'est que le 20 décembre qu'un message atterrit sur le bureau du gouverneur. Il dit, textuellement : “Regret de vous informer du décès de 8 enfants de 3 jours à 13 mois”. De quoi sont mortes ces jeunes personnes ? Mystère. Qu'a-t-on fait pour entrer en contact avec une population pauvre, encerclée par la neige ? “Rien. Ces gens ont l'habitude de vivre avec le froid”, explique, tout aussi froidement, un officiel. Après la réception du message, les autorités sanitaires de Khénifra attendent quand même cinq jours, le temps que les neiges fondent, avant de dépêcher une commission médicale sur place. Son verdict tombe assez vite : “Dix personnes sont décédées d'une pneumopathie aiguë, causée par une vague de froid exceptionnelle”. La veille de l'Aïd, le gouverneur se rend sur place et distribue quelques aides alimentaires. On croyait l'affaire réglée. Et pourtant…

Anemzi, la commune fantôme
Quelques kilomètres encore et la piste se fond entièrement dans le lit de l'oued. Le long du trajet, nous croisons des camions d'un autre âge, transportant des dizaines d'habitants de douars sinistrés, soulagés de pouvoir enfin quitter leur “trou perdu”. Tous réclament la même chose, et rien d'autre : des médicaments. Ils affirment que des douars entiers souffrent en silence, que des enfants agonisent, plus haut dans la montagne.

La progression vers Anfgou se fait lentement. On roule à moins de 20 km/h. La neige commence enfin à faire son apparition. Une neige dense et dure, qui nous accompagne jusqu'à Anemzi. Nous sommes à 2300 mètres d'altitude. C'est la plus grande commune rurale de la région. La plus riche aussi. Quatre villages, dont Anfgou, en dépendent sur le plan administratif. À dix heures du matin, le centre du village est pourtant désert. Pire, le siège de la commune est introuvable. “C'est la bâtisse désaffectée à l'entrée du village, nous indique un habitant. Sa construction a coûté 600 000 DH, pour que le bâtiment soit finalement abandonné, avant même la fin des travaux”. Pour de mystérieuses raisons, la commune a préféré louer une maison à Tounfit, 160 km plus loin. Drôle de proximité !

Et ce n'est pas tout. Le président de la commune d'Anemzi est depuis quelques mois en prison, pour une affaire de chèque sans provision. Son adjoint est décédé, il y a quelques semaines. Des élections improvisées ont récemment porté un nouveau président à la tête de la commune. Mais il est déjà largement contesté. “Tout le monde fuit cette montagne. Après les élus et les agents d'autorité, l'infirmier a fini lui aussi par s'installer à Tounfit, pour pouvoir scolariser ses enfants. Il n'y a plus que l'institutrice qui résiste encore. Elle refuse désormais les enfants malades dans sa classe. Elle a peur d'être contaminée”, raconte Ahmed Rafik, un villageois père de quatre enfants. Aujourd'hui, l'atmosphère est lourde à Anemzi. Un vieil homme vient de décéder à l'aube. “Il a eu une forte grippe. À cause de la neige, nous n'avons pas pu le transporter au dispensaire. Depuis l'Aïd, l'infirmier n'est plus revenu au village. Nous avons tenté plusieurs remèdes traditionnels. En vain”, se désole Ahmed, fils du défunt.

Aucun agent d'autorité ne réside à Anemzi. Aucun ne s'y rend régulièrement, même si la petite commune ne dispose d'aucun moyen de communication. Le dispensaire, tout comme l'école, restent désespérément fermés. “Personne ne se soucie de nos problèmes, ou même de nos morts. Pour les officiels, Anemzi se résume en une grande forêt qu'ils vendent au plus offrant pour se remplir les poches. Où va l'argent du cèdre ?”, se demande, à juste titre, Hmad, étudiant en droit à Meknès et originaire du village.

Paradoxalement, la commune la plus sinistrée de la région est aussi la plus riche. Anemzi renferme l'une des plus grandes réserves de cèdre du pays. L'année dernière, les recettes d'exploitation forestière étaient estimées à 7 millions de dirhams, au moins. Qu'a-t-on fait de tout cet argent ? Qu'a-t-on fait pour éviter qu'une grippe n’emporte des dizaines de morts ? “Rien, tout est parti dans le budget de fonctionnement de la commune. C'est la loi qui le veut ainsi”, reconnaît le gouverneur.

Résultat : la commune aux 7 millions de dirhams ne dispose même pas d'un dispensaire, ni d'un réseau d'électricité ou d'eau potable. Elle attend encore l'arrivée, de plus en plus improbable, de l'INDH, ce méga-projet de développement du nouveau règne. “Au départ, nous y avons cru. Nous avons préparé plusieurs projets de développement. Plusieurs commissions provinciales se sont réunies. J'ai personnellement noirci un tas de paperasses. Et tout ce qu'on nous a promis, c'est une ambulance qui ne pourra même pas emprunter nos pistes accidentées et qui ne sera peut-être jamais livrée”, se désole un fonctionnaire d'une commune voisine.

Tout au long des pistes qui mènent vers Anfgou, des dizaines d'habitants barrent la route aux véhicules qui s'aventurent dans ces endroits hostiles. “Nra dwa (nous voulons des médicaments)”, répètent-ils à tous ces étrangers qui daignent fouler leurs terres.

Puis soudain, Anfgou !
Les derniers kilomètres vers Anfgou se font à contre-courant de l'oued. L'eau gelée craquelle au passage des véhicules. Si, en hiver, la neige bloque le passage, en été, ce sont les crues de l'oued qui coupent la piste menant au douar. Au détour d'un ultime virage, Anfgou apparaît enfin. Des maisonnettes en pisé de couleur uniforme, nichées au creux d'une imposante zone montagneuse, et faisant face à une vallée verdoyante. À première vue, on est loin du cliché du village sinistré. Le hameau ressemble plutôt à un petit havre de paix. Se serait-on trompé de village ? Un ultime son vient dissiper tous les doutes du nouveau visiteur. C'est bien simple : tous les enfants toussent. Cela crée un étrange et insistant bruit de fond, qui interrompt le silence qu'imposent les monts enneigés. Une toux sèche et continue, sans répit. Très vite, les habitants du village s'attroupent autour des nouveaux venus. Ils les dévisagent longuement avant de poser l'inévitable question : “Avez-vous ramené des médicaments ?”. Ici, toutes les familles sont endeuillées. Tout le monde a perdu un fils, une nièce, un frère ou une sœur. Plusieurs enfants marchent pieds nus ou mettent de simples t-shirts qui tombent en lambeaux. Beaucoup ont de la fièvre, tous ont du mal à respirer. Les hommes et les femmes du douar ne sont pas mieux lotis. Eux aussi marchent pieds nus (il fait pourtant 7 degrés le jour et jusqu'à -14 degrés la nuit), passent de longues heures allongés au soleil pour se réchauffer et mangent rarement à leur faim. Les nourrissons se contentent uniquement du lait de leurs mères, elles-mêmes victimes de malnutrition. “Le repas principal est le plus souvent constitué de pain, de thé et de graisse fondue”, explique un vieil homme. À Anfgou, le revenu moyen d'un ménage de cinq personnes est de 4000 dirhams... par an.

Ici et là, de petites filles portent des enfants qui ont l'âge de leurs petits frères. “Ce sont leurs enfants”, nous apprend-on. “Une fille est mariée à partir de 10 ans. Le mariage est consommé une année plus tard. Une fillette peut donc avoir son premier enfant à l'âge de 12 ou de 13 ans”, explique un militant associatif. La majorité des mariages se font sans la présence d'adouls. Des mariages coutumiers, simplement approuvés par les sages de la tribu. Résultat : une forte natalité, un taux record d'analphabétisme (93%) et des conditions d'hygiène d'un autre âge. Certains ne se sont pas lavés depuis plus de trois mois ! À Anfgou, toutes les naissances se font sans assistance médicale. “Les femmes s'entraident pour faire accoucher l'une d'entre elles”, explique un habitant.

Evidemment, on ne connaît aucun ministre ici. Même pas le Premier ministre ! Et le roi ? “Bien sûr qu'on le connaît. On le voit sur les pièces et les billets de banque”, répondent, à l'unisson, les habitants d'Anfgou. No comment !

Décompte macabre
Quand les Aït Aâmer commencent à citer les noms des enfants décédés ces dernières semaines, c'est un lourd silence qui accompagne le décompte macabre, qui ne semble plus avoir de fin… En tout, ce sont 27 personnes (chiffre arrêté le lundi 8 janvier 2007), dont deux jeunes filles âgées de 14 et 25 ans, qui ont perdu la vie ces dernières semaines (voir encadré : la guerre des chiffres).

Kheddour Mouha a perdu sa fille Zahra, âgée d'un an et demi. Il raconte : “Elle a d'abord eu de la toux et de la diarrhée. Je n'ai pas pu lui ramener de médicaments, elle a donc eu de la fièvre et des boutons sont apparus sur sa bouche. Je l'ai veillée toute une nuit, je l'ai vue suffoquer puis mourir là, sous mes yeux”. Les récits se suivent et se ressemblent. Ountouf Ittou a perdu sa fille Hadda. “Elle toussait jusqu'à étouffement. Son visage et son cou ont gonflé, elle crachait du sang. Autour de moi, je voyais les autres enfants mourir, la neige nous encerclait toujours de tous les côtés. J'ai alors su que ma fille n'avait plus aucune chance de survivre”, raconte-t-elle, les larmes aux yeux.

Jebbar Mouha, lui, a perdu sa fille Itto, 25 ans. Il a essayé toutes les médications traditionnelles qu'il connaît, égorgé un coq en offrande aux esprits de la montagne. En vain. “Je l'ai vue mourir à la fleur de l'âge. Ses genoux ont gonflé, elle souffrait de terribles maux de tête, elle ne voyait plus de l'œil gauche. Ce n'est pas le froid qui l'a tuée. C'est l'exclusion et la hogra qui frappent notre région”, s'emporte-t-il. Pire, même après le passage de la délégation médicale, deux enfants sont décédés en 48 heures et d'autres continuent à agoniser en silence. Une véritable hécatombe qui semble peu émouvoir les responsables locaux, qui s'obstinent à refuser de parler de catastrophe. “Ce n'est même pas un fait divers. C'est un simple accident”, a osé nous déclarer un haut responsable.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 20 Jan - 4:42

Aujourd'hui, les Aït Aâmer refusent d'accepter le diagnostic de la délégation médicale qui s'est rendu sur place, il y a quelques semaines. “Ces gens sont venus la veille de l'Aïd et sont restés une heure au village. Ils ont fait quelques consultations sommaires, donné des antibiotiques et du Doliprane, puis sont vite repartis. Ils ont établi une liste d'une dizaine de morts en se trompant sur la majorité des noms. Ils avaient peur de manquer de fêter l'Aïd chez eux à cause d'éventuelles chutes de neige”, affirme le cheikh du village. Que peut-on bien diagnostiquer en une heure chrono ? Selon les habitants d'Anfgou, la délégation médicale n'a même pas procédé à des prélèvements sanguins ou à des analyses de l'eau qui alimente le village. Comment, dans ce cas, cette délégation peut-elle trancher qu'il s'agit d'une simple pneumopathie et non d'une étrange épidémie ? Comment expliquer qu'à juste deux kilomètres d'Anfgou, par exemple, des enfants présentent les symptômes d'une forte grippe, sans qu'ils n’en décèdent pour autant ? “En plus, renchérit le père d'un enfant décédé, il a fait deux fois plus froid l'année dernière, sans que personne n'en meurt”. Pire encore : le gouverneur de la province de Khénifra se base sur les conclusions de cette commission médicale (qui n'est, depuis, plus revenue au village) pour ne pas ordonner l'évacuation des personnes malades vers l'hôpital provincial de Khénifra. C'est également la raison pour laquelle il ne décrète pas non plus de plan d'urgence, qui lui permettrait de mobiliser les moyens des administrations centrales. Même Mohamed Cheikh Biadillah, ministre de la Santé, s'est contenté d'affirmer “qu'en cas de besoin, un dispensaire rural sera mis en place”. Pourquoi autant de négligence ? Qui a intérêt à dissimuler le mal qui ronge ce village du Moyen Atlas ? Lors d'une rencontre privée, un responsable de la province a laissé échapper cette explication : “Il ne faut pas verser dans l'alarmisme. Le roi se déplace bientôt dans la région et nous sommes en pleine année électorale. Rien ne doit perturber cette échéance”.

Aujourd'hui, le village d'Anfgou est livré à son propre sort. Lors de notre visite, l'infirmier n'était plus sur place, alors que plusieurs enfants étaient dans un état critique. La météo annonce de fortes chutes de neige à partir du 10 janvier. Et là, sauf clémence divine, le bilan des officiellement “morts de froid” pourrait encore s'alourdir...


Zoom. Le cèdre de la discorde

La province de Khénifra, et plus précisément les communes d'Anemzi et d'Anfgou, renferment des dizaines d'hectares de cèdre de première qualité. Dans la région, on l'appelle l'or vert. Aujourd'hui, le mètre cube de cèdre est vendu à plus de 10 000 DH sur les marchés locaux. Un arbre abattu peut ainsi rapporter aux exploitants forestiers entre 40 000 et 100 000 DH.
La manne financière qui alimente les caisses des communes est tout aussi importante. On parle de dizaines de millions de dirhams. Mais, d'après les autorités, tout va dans le budget de fonctionnement des communes et pratiquement aucun centime n'est investi dans la région, ne serait-ce que dans le développement des infrastructures. Les habitants de ces régions ne vivent, eux, que du ramassage de bois mort. Et encore… Les accrochages entre les habitants et les responsables du département des Eaux et Forêts sont fréquents. Récemment, quelques montagnards ont empêché des exploitants forestiers d'abattre de nouvelles parcelles de leurs forêts, tant que cela ne leur profite pas directement. Comme à chaque fois, la direction des Eaux et Forêts répond par des procès à la pelle et des contraventions faramineuses pour “ramener à la raison” des tribus rebelles. Et ce n'est pas tout. De l'aveu de responsables de la région, la mafia du cèdre fait des ravages dans la forêt. Les quantités abattues sont souvent supérieures à celles déclarées. Haddou, camionneur pour le compte de nombreux exploitants forestiers de la région, est le premier à en témoigner. “Je charge jusqu'à 16 tonnes de cèdre à chaque voyage. Les fonctionnaires des Eaux et Forêts n'en enregistrent que 10. Le reste passe au noir. Le butin est ensuite partagé entre exploitants et responsables”. Dans la région, le trafic s'est banalisé à un point où cela n'émeut plus personne, ou presque. Plusieurs douars dans la région menacent d'empêcher, par la force s'il le faut, toute forme d'exploitation forestière avant la résolution de tous leurs problèmes d'enclavement et d'absence de services sociaux et sanitaires.


Guerre des chiffres. Les Aït Aâmer défient l'Etat

Mercredi 10 janvier, Nabil Benabdellah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, affirme à la sortie du Conseil de gouvernement que “11 décès ont été enregistrés dans la province de Khénifra, à cause d'une vague exceptionnelle de froid. Évidemment, le bilan risque de s'alourdir dans les jours qui viennent”. Plus d'un mois après la catastrophe, les officiels tiennent toujours à leurs chiffres, qu'ils refusent obstinément de mettre à jour. Les onze décès en question ont été constatés par la délégation médicale qui s'est rendue au village (pendant une heure chrono) et qui n'y est plus jamais retournée. Même à la brigade de gendarmerie de Tounfit (localité la plus proche d'Anfgou), on ne tient pas avec le même entêtement à ce chiffre désormais sacré. “Nous ne sommes plus revenus sur place. Peut-être que des villageois ont oublié de nous signaler le décès de leurs enfants”, reconnaît un gendarme de Tounfit. Sur place, les habitants ont scrupuleusement établi une liste nominative des personnes décédées. Au dimanche 7 janvier 2007, elle porte 27 noms (Telquel en a une copie). Les villageois refusent que le gouvernement, qui a longtemps ignoré jusqu'à leur existence, nie aujourd'hui leurs morts. “Si l'Etat ne reconnaît pas officiellement nos morts, nous déposerons une plainte pour demander aux autorités de révéler le sort de nos enfants disparus. Nous sommes même prêts à déterrer nos enfants et à déposer leurs dépouilles à l'entrée du bureau de Monsieur le gouverneur. Nous ne demandons rien à personne. Le mal est déjà fait. Mais les morts ont une dignité qu'il faut préserver”, martèle un vieux du village, parlant au nom des habitants.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Mar 23 Jan - 8:06

Les bureaux de Al-Arabiya, sérieusement endommagés à Gaza


Les bureaux de la chaîne satellitaire Al-Arabiya dans la ville de Gaza ont été sérieusement endommagés lundi soir par une explosion.

Les locaux étaient vides au moment de l’explosion dont l’origine n’était pas connue dans l’immédiat. Des bureaux voisins de l’agence de presse Reuters ont également été légèrement endommagés, ont indiqué des témoins.

La directrice du bureau d’Al-Arabiya pour la bande de Gaza, Riham Abdelkader, a dénoncé cet attentat.

"Il s’agit d’un crime commis non seulement contre Al-Arabiya, mais contre la liberté de la presse", a-t-elle affirmé aux journalistes tout en exigeant des autorités palestiniennes "l’ouverture immédiate d’une enquête".

Le Syndicat des journalistes palestiniens a pour sa part appelé à un sit-in mardi en fin de matinée devant les locaux du Conseil législatif palestinien (parlement) à Gaza pour dénoncer "cet acte criminel".

Un porte-parole du Hamas, le mouvement islamique à la tête du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad a lui aussi dénoncé cette attaque et souligné qu’une enquête allait être diligentée.

La semaine dernière, un interlocuteur anonyme avait lancé des menaces par téléphone contre Al-Arabiya accusée de "manque d’objectivité" à la suite d’un reportage controversé sur le Premier ministre Ismaïl Hanyieh.

M. Haniyeh avait pour sa part fait part de son intention de porter plainte devant des tribunaux palestiniens contre la chaîne satellitaire, aux capitaux saoudiens.

Source : edicom.ch
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imane

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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Ven 26 Jan - 6:40

Bientot les radars fixes !


On attend juste le vote de la loi 25-05 sur le code la circulation routière pour que les 150 radars fixes en cours d’installation sur les routes marocaines vont désormais entrer en service, et par conséquent, les sanctions pécuniaires tombent pour les coupables des infractions sur la route.

Alors, soyez prudents, respectez le code, autrement, vous recevrez chez vous les contraventions.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 27 Jan - 10:56

Elles roulent en Jaguar et se font un réel plaisir à dérober un cendrier à deux balles
Voleurs plus respectables que d'autres ? Les cleptomanes peuvent aspirer à cette sorte d'atténuation de circonstances. Et pour cause. La psychologie a plutôt tendance, à raison d'ailleurs, de traiter les cleptomanes avec un peu plus de respect que leurs frères d'armes, les voleurs tout court, ceux sans scrupules, menaçants, n'hésitant point à porter préjudice et, surtout, capables de tout.

Ils sont partout, les cleptomanes, ça peut être vous ou moi, ils n'ont aucun besoin matériel de chaparder le premier objet qui a le malheur de se trouver à portée de main, mais, pourtant, ils n'hésitent pas à passer à l'acte et à voler pour… voler tout simplement. C'est que le cleptomane ne peut résister à la tentation de s'approprier un objet qui ne lui appartient pas et ce, loin des règles morales, qui stipulent qu'il faut s'acquitter de son montant
au préalable, s'il est à vendre, naturellement.

Justement, tout le mystère réside dans cette façon d'appropriation. Scientifiquement parlant, la cleptomanie (ou kleptomanie) siège parmi les troubles du contrôle des impulsions. L'étymologie de ce mot puise sa source dans les mots d'origine grecque« kleptês » (voleur) et du bas latin« mania » (habitude, mais aussi folie ou fureur), la cleptomanie est classée comme une maladie qui consiste en une obsession à voler des objets.

Le cas d'une dame de la haute société est édifiant à ce propos. L'histoire se passe à Marrakech, dans un magasin d'articles électroménagers. Une foule d'employés s'est subitement rassemblée autour de l'une des caisses du magasin. L'un d'eux s'empresse de passer un coup de fil à untel, un respectable homme d'affaires.
«Nous venons de coincer votre épouse alors qu'elle voulait quitter le magasin avec un thermos caché dans son sac…», expliqua l'employé de service. L'épouse en question, également fille d'un richissime homme d'affaires, éclate en sanglots, le regard porté sur sa «Jaguar», qu'elle avait de garer devant le magasin.

Le thermos en question ne vaut pas plus d'une centaine de dirhams, l'équivalent de ce que cette dame laisse parfois au gardien du parking. C'est un cas parmi d'autres, mais c'est un cas exemplaire.

La cleptomanie est en fait une aliénation caractérisée par la tendance à dérober sans nécessité, sans qu'on y soit poussé par le besoin, la misère ou d'autres mobiles ordinaires du vol. Pis encore, le cleptomane obéit à un besoin irrépressible de voler.
L'acte, une fois commis, met en effet fin à une lutte douloureuse entre la conscience et cette obsession d'accaparer un objet quelconque.
Dans la plupart des cas, la cleptomanie touche la gent féminine. Généralement, les cleptomanes sont issues de familles aisées et sont aisées elles-mêmes.

Autre caractère du cleptomane, les objets volés sont sans aucune valeur et finissent, en général, dans un débarras ou, vulgairement, dans une poubelle. Le plus important, c'est l'acte en soi, celui de franchir le pas, de s'approprier un objet, préalablement sous surveillance, et d'outrepasser cette vigilance, d'en triompher en quelque sorte.

Le risque que cela suppose, celui de se faire prendre la main dans le sac, la montée d'adrénaline qui l'accompagne et tout le reste constitue la jouissance du cleptomane.
Cependant, généralement de nature honnête, ce dernier ne tarde pas à éprouver des sentiments de culpabilité juste après l'accomplissement de son forfait.

En effet, les annales relatives à nos amis cleptomanes regorgent d'histoires où les protagonistes, une fois leur acte commis, n'hésitent pas à se faire remarquer explicitement.
Une façon de se faire absoudre de la souillure d'un tel acte, vu qu'ils sont honnêtes à la base.

Pour bien différencier un cleptomane d'un vulgaire voleur, la préméditation n'est pas le
fort du premier, alors qu'elle représente une solide base
pour le second.

En d'autres termes, contrairement au voleur, le cleptomane ne calcule pas son coup.
Il est là, dans un simple exercice quotidien comme celui de faire des courses lorsque, subitement, ses pulsions prennent le dessus, en vertu d'une situation donnée.

A ce moment, tous ses sens se mettent en éveil. Le premier objet qui passe sous son regard est scanné et fait, de facto, l'objet de sa convoitise, ou de son défi pour ainsi dire.

A ce moment précis, si quelqu'un arrive à lire dans ses pensées et vient à lui offrir l'objet de la convoitise, cela n'aura d'autre effet que de le décevoir, sans lui procurer le plaisir qui a été derrière ce signal d'alerte. C'est, ainsi, le mode de fonctionnement d'un kleptomane. Passer à l'acte est la seule source de satisfaction.

Par ailleurs, la cleptomanie est souvent liée à une impulsion sexuelle, tournant autour du secret, de l'intimité, etc.,
et nombreux sont les cleptomanes à associer leurs actes
à des orgasmes intenses.

D'ailleurs, les cleptomanes éprouvent une réelle souffrance à se confier, car leurs confidences reviendraient à étaler leur vie intime, tout simplement.
------------------------------------------------


Clepto ou Klepto, et après ?
La cleptomanie est une maladie mentale qui se caractérise par une obsession à voler. La cleptomanie se caractérise par des vols impulsifs, sans organisation, portant la plupart du temps sur des objets sans valeur. Le voleur kleptomane n'est pas motivé par la valeur du produit dérobé, ses vols n'ont pas de motifs financiers.

La jouissance se trouve dans l'acte, dans le fait même de dérober. La nature même de l'objet du vol et son caractère compulsif font que le kleptomane se fait fréquemment arrêter, par exemple aux portiques de sécurité qu'il franchit sans aucune précaution, parfois animé par un sentiment de culpabilité le poussant
à se faire prendre.

L'intensité de la pulsion éprouvée durant l'acte de vol permettrait au voleur cleptomane de surmonter une phase dépressive. En se faisant arrêter, celui-ci fait ensuite le plein de "strokes" (signaux de reconnaissance en analyse transactionnelle) par l'attention qu'il s'attire.

Une personne concernée par ce trouble ne peut se retenir de dérober des objets, la plupart du temps sans aucune valeur (des pièces, des couverts, des pin's, ...). Souvent, elles ne se rendent compte d'avoir
effectué ce vol que quelque temps après.
La personne atteinte de cette maladie est la plupart du temps une personne aisée qui n'a nul besoin matériel de voler.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 27 Jan - 11:02

merci imane pour tes info


c tres sympa
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 27 Jan - 11:52

Cocaïne, héroïne… Maroc connexion
Depuis un an, les saisies de drogues dures se multiplient au Maroc, et les quantités saisies augmentent à un rythme affolant. C'est que le royaume s'est transformé en zone de transit, de plus en plus empruntée par les trafiquants de cocaïne et d'héroïne. Enquête.


Le scénario est devenu presque classique. Il y a moins de deux semaines, trois hommes montrant des signes visibles de nervosité attirent l'attention des policiers de l'aéroport Mohammed V. Un simple contrôle de routine va révéler la présence d'un kilo de cocaïne, réparti
dans les estomacs des trois ressortissants nigérians, qui avaient ingéré des capsules remplies de poudre. Arrêtés par la police marocaine, alors qu'ils étaient en transit pour l'Espagne, ils devraient être présentés, dans les jours qui viennent, devant le Parquet de Casablanca. Quelques semaines auparavant, c'était une Nigérienne qui se faisait arrêter avec un demi-kilo de cocaïne dissimulé dans ses parties intimes.

“Depuis janvier 2006, les services de sécurité de l'aéroport international Mohammed V de Casablanca ont saisi un poids total de 19 kg de cocaïne et arrêté 26 personnes de diverses nationalités”, affirment les rapports de police. Ces “mules”, comme on les appelle en jargon policier, sont de jeunes paumés qui font passer de la cocaïne dans des préservatifs qu'ils avalent, au risque de mourir dans d'atroces souffrances si ceux-ci éclatent. La réalité est souvent cruelle : les passeurs ne sont que du menu fretin, des trafiquants “jetables”. Leur arrestation ne permet pratiquement jamais de remonter la filière et ne sert finalement qu'à engorger les prisons marocaines. Le phénomène est tel que de véritables quartiers sont nés dans les prisons marocaines : le quartier des Nigérians à Oukacha, celui des Espagnols et des Français dans le pénitencier de Sat Village de Tanger, etc.

De leur côté, les services de sécurité
reconnaissent eux-mêmes que l'augmentation des saisies est au moins proportionnelle à l'extension du trafic. Une progression qui reste, par essence, difficile à évaluer, même pour les douanes et les polices européennes, pourtant rompues à ce genre d'exercice. Pour autant, une sorte de moyenne générale se dégage par estimation : pour une “mule” d'attrapée, dix arrivent à passer entre les mailles du filet.
Voilà pour le menu fretin. Quand au gros du trafic, il prend bien entendu d'autres dimensions et d'autres itinéraires.

Les mystères du Zénith
Retour sur une grosse affaire qui a défrayé les chroniques marocaine et espagnole ces derniers mois. Celle du Zenith. Le 30 décembre 2006, en effet, ce sont bien 1800 kilogrammes de cocaïne, soit près de deux tonnes, qui sont récupérés par la police espagnole, le long des côtes ibériques, après une course-poursuite digne des meilleurs thrillers hollywoodiens. Un yacht filant à vive allure avait été pris en chasse par les vedettes et les hélicoptères de la marine espagnole. De son nom “Zénith” et battant pavillon britannique, l'embarcation venait de quitter le port de Casablanca et acheminait sa cargaison vers l'Espagne. Vérification faite, la police marocaine avait déjà inspecté le même Zénith en question, dès août 2006, date à laquelle il avait été contraint à rester à quai, au port de Casablanca, pour quelques semaines. Officiellement à cause d'une panne mécanique…

Une fois dans les eaux espagnoles, le bateau britannique a été pris en chasse par un hélicoptère espagnol. Les garde-côtes ont filmé les suspects jetant par-dessus bord 60 paquets, contenant vraisemblablement de la poudre blanche. Ils ont ainsi réussi à récupérer les 1800 kg de cocaïne. Dans cette affaire, la police espagnole a pu arrêter 28 personnes, comme on a pu le lire dans un communiqué du ministère de l'Intérieur espagnol. Le Zenith et son équipage n'en étaient pourtant pas à leur coup d'essai. Leur histoire est même assez emblématique du genre de trafic qui peut lier, aujourd'hui, des pays comme le Maroc, l'Espagne et la Colombie.

Flash-back. Nous sommes en mai 2006. Le Zénith vogue vers le Maroc avec, à bord, une cargaison de quatre tonnes de cocaïne chargée en Colombie. Après une escale à Dakar, le bateau constate une première panne technique qui l'oblige à rallier directement l'Europe, sans transiter par le Maroc. À l'approche des eaux portugaises, le problème mécanique du Zénith empire et le yacht risque de dériver à tout moment. Pris de panique, le personnel prend la décision d'abandonner des ballots de drogue (quatre tonnes de cocaïne !), au large des côtes portugaises. Le Zénith trouve par la suite, mystérieusement, le moyen de “dépanner” ses moteurs, de se ravitailler avec une nouvelle cargaison, cette fois-ci de 1800 kg. Il choisit alors de rallier le port de Casablanca avant d'envisager une nouvelle escapade européenne. Qui a dépanné le Zenith, qui l'a ravitaillé et où exactement ? Mystère. En août 2006, le Zenith mouille tranquillement au port de Casablanca. Les autorités marocaines effectuent une inspection de routine qui ne relève rien d'anormal. Mais l'affaire est trop grosse pour passer inaperçue. Les semaines passent, les flots de cocaïne échouent sur les côtes espagnoles et portugaises, et les conjectures commencent à circuler sur leur provenance. Et si c'était le Zenith, en train de mouiller tranquillement à Casablanca ?

À Casablanca, le travail de renseignement bat son plein. À défaut de preuves, il existe quand même quelques suspicions sur la mission véritable du Zenith et sur ses contacts sur place. Quand, en décembre 2006, le yacht, dont les problèmes techniques ne sont plus qu'un lointain souvenir, vogue enfin vers l'Europe, le doute n'est plus permis. Les autorités espagnoles, déjà au parfum, le prennent en chasse. Le résultat de la course-poursuite qui se prolonge en haute mer se solde par la récupération des 1800 kg de cocaïne et l'arrestation des 28 personnes. Aujourd'hui encore, le Zenith n'a pas révélé tous ses secrets. Le fera-t-il un jour ?

Le royaume de tous les transits
Entre le cas du Zenith en 2006 et celui du Duanas en 1997 (voir encadré p. 39), les affaires de drogue se suivent et ne se ressemblent pas. La chronique judiciaire ne désemplit pas d'histoires de fils de notables, impliqués régulièrement dans un trafic de cocaïne à Marrakech, Tanger ou encore Casablanca. Et si lesdites affaires n'ont pas toujours l'impact médiatique qu'elles méritent, la raison en est toute simple : “Les mis en cause sont très souvent blanchis par divers procédés. Et même quand il y a interpellations et arrestations, les relations fonctionnent à merveille et les enquêtes se terminent invariablement dans une impasse”, résume cette source judiciaire.

Le seul procès que l'on peut retenir, c'est celui du réseau de Marrakech, dossier clôturé en février 2004. Dans ce procès, qui mettait en cause des notables de la ville, les trois principaux chefs du gang, qui écoulaient de la poudre dans les boîtes de nuit chics de la ville, n'ont jamais été jugés. Et pour cause : les trois hommes avaient trouvé le moyen de passer les frontières marocaines avant le démarrage de l'enquête ! Les sous-fifres ont, pour leur part, été condamnés à des peines de prison allant d'un à trois ans de prison et des amendes de 450 000 à 2 500 000 dirhams.

De l'avis de tous les sécuritaires approchés, le trafic de drogues dures au Maroc constitue un sujet de préoccupation certain. Une réalité confirmée par la plupart des organismes internationaux en charge de la répression du trafic de drogue. Selon Interpol, six pays africains, avec le Maroc en tête de liste, font partie depuis plusieurs années de la “piste africaine” des drogues dures, une sorte d'“African Connection” constituant un point de transit vers l'Europe occidentale.

La Guardia Civil espagnole a, pour sa part, mis ses limiers sur la surveillance tous azimuts d'une route qui relie la Colombie et les autres pays producteurs de cocaïne à l'Europe, en passant par la Mauritanie et le Maroc. Même constat au niveau des instances onusiennes, qui estiment que “la diffusion de la cocaïne dans l'ensemble de l'Afrique est mise en évidence par les saisies effectuées dans toutes les sous-régions du continent. À l'ouest, en Côte d'Ivoire, au Niger, au Togo, au Nigeria et au Sénégal ; au nord, au Maroc et en Egypte”. Le son de cloche est pratiquement le même auprès de l'Organisation mondiale des douanes.

Rendu public en juillet 2006, le rapport annuel de cette organisation constatait que “si l'Amérique du Sud demeure la principale région de production dans le monde, c'est sur le continent africain, et notamment l'Afrique du Nord, que le trafic de cocaïne a considérablement augmenté en 2005”. Un constat qu'appuient les chiffres fournis par la douane marocaine. Ceux-ci montrent en effet une explosion du trafic : en 2006, les estimations provisoires parlent d'une quantité de 911 kg de cocaïne saisie, contre moins de 17 kg pour l'année 2005 (voir graphe ci-dessus).

Pays de transit, le Maroc est devenu en l'espace de quelques années la coqueluche des cartels colombiens qui en apprécient la situation géographique, mais surtout les frontières poreuses, la forte corruption dans les milieux sécuritaires (l'affaire Bin Louidane en est un bon exemple) et aussi des itinéraires déjà balisés par le trafic de cannabis. À travers le royaume, ces trafiquants ont choisi un espace “presque européen”, qui reste, malgré ses efforts, relativement peu équipé en brigades d'intervention et en matériel de détection de stupéfiants. Et le rapport de forces entre les narcotrafiquants et les sécuritaires marocains est pour le moins inégal. La preuve par cette phrase lâchée, au détour d'une conversation, par un douanier de Nador, l'une des principales zones de transit : “On se fie essentiellement à notre flair”. C'est dire…

La coke, à défaut de cannabis !
D'après Interpol, l'Afrique est devenue une plaque tournante de la distribution, aussi bien pour la cocaïne que pour l'héroïne, le Nigeria passant même pour un champion dans le domaine. Très connus pour leur activisme dans le croissant d'or (Pakistan, Inde, Afghanistan), les Nigérians sont également en connexion étroite avec les cartels d'Amérique Latine. Ce qui en fait d'excellents intermédiaires pour le transit, aussi bien de la cocaïne que de l'héroïne. C'est ce qui explique aussi que la plupart des “mules” arrêtées dans les aéroports marocains sont des Nigérians. Selon les spécialistes, “le Nigeria est connu pour être la principale porte d'entrée de la cocaïne de Colombie, avec un réseau de passeurs vers l'Europe. Mais d'autres pays semblent gagnés par le trafic, comme la Mauritanie, la Guinée, le Cap Vert ou le Ghana”. Si la filière nigériane défraie la chronique depuis les années 80, le Maroc, qui ne pouvait échapper au phénomène, ne s'est mis à la cocaïne qu'à partir des années 90. Pays de transit, le Maroc ne fournit pas que l'Europe : même des pays africains comme le Mali ou l'Algérie sont ainsi accessoirement approvisionnés. Le journal malien Les échos rapportait ainsi, dans son édition du 1er décembre 2006, les conclusions d'un rapport de la Brigade des stupéfiants de ce pays, qui signifiaient en gros : “Les trafiquants en provenance du Brésil approvisionnent clandestinement le Mali en drogues dures, via le Maroc”.

Comment le Maroc est-il devenu un pays de transit de cocaïne, privilégié par les cartels colombiens ? Selon les spécialistes, “il est parfaitement avéré qu'une partie croissante du transport de cocaïne qui arrive en Espagne emprunte aujourd'hui les routes et les réseaux traditionnels du trafic de haschich”. On fait état, dans ce sens, de la création de nouveaux réseaux, notamment en Galice (nord-ouest de l'Espagne), qui gèrent ce trafic en collaboration avec les barons marocains.

“Jusqu'à présent, le passage de la cocaïne se faisait par les Antilles. Mais le renforcement de la répression par les Etats-Unis et le Canada a poussé les trafiquants à chercher de nouvelles voies, dont celle du Maroc”, souligne un officier marocain de la brigade des stupéfiants. Paradoxalement, la répression du trafic de haschich, que le Maroc a lancée depuis quelques années et qui a conduit notamment à la chute de nombreux barons, semble avoir boosté le trafic de cocaïne. Explication : au-delà de l'attrait financier, le succès de la cocaïne auprès des trafiquants tient aussi au fait que l'approvisionnement en cannabis est de plus en plus difficile. L'axe principal emprunté par les trafiquants, qui va du Maroc aux pays du nord, en passant par l'Espagne et la France, est l'objet d'une forte pression policière et, en juin 2006, Rabat a ordonné et procédé, pour la première fois, à l'éradication de champs de culture de cannabis. “En fait, comme le commente notre source à la brigade des stupéfiants, il y a eu une mutation des filières traditionnelles du cannabis. Elles se recyclent aujourd'hui dans un produit plus attrayant. Les mêmes convoyages se perpétuent, via les mêmes circuits. Mais cette fois-ci, avec des chargements de cocaïne, nettement plus lucratifs”.

Alarmée, la DEA (Drug Enforcement Administration), département américain de lutte anti-drogue, aurait même dépêché, tout récemment, quelques-uns de ses agents au Maroc, histoire de prendre la température du trafic de drogues dures dans le royaume.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 27 Jan - 11:53

Escobar et le cartel de Tétouan
Ceci dit, le trafic de cocaïne n'est pas tout à fait nouveau au Maroc. Il est bien en hausse depuis les années 90, à l'époque où les barons de la drogue locaux ont compris le parti qu'ils pouvaient tirer d'une collaboration étroite avec les cartels colombiens.

Question : qui se souvient encore du passage du fameux Pablo Escobar à Tanger ? À l'époque et à chacun de ses passages, principalement entre 1986 et 1988, le maître incontesté du trafic de cocaïne (qui avait un pied-à-terre dans le quartier chic de Marshan) se faisait un plaisir de convier à sa table les Hmidou Dib et autres Mohamed Echeeri, véritables “stars” locales. C'était l'âge d'or des trafics en tous genres, l'époque où des hommes comme Abdelaziz El Yakhloufi ou Rachid Temsamani tiraient les ficelles d'un réseau international de trafic de drogue.

Le “cartel de Tétouan”, qui était dans le collimateur de l'Unité de coordination de la lutte anti-drogue (UCLAD), a subi plusieurs coups durs. La campagne inspirée par cette unité en 1995 avait débouché sur l'arrestation de gros bonnets, dont El Yakhloufi qui faisait, lui, partie du “cartel de Tanger”. Mais Rachid Temsamani, comme les frères Echeeri ou encore Chrif Bin Louidane, forts d'appuis haut placés dans la sphère sécuritaire, échappaient aux avis de recherche lancés par la police.

La chute de Temsamani en 2000 et celle, toute récente, de Chrif Bin Louidane, ne sont que l'arbre qui cache la forêt. Des hommes plus discrets continuent de courir, opérant tranquillement à l'échelle internationale. D'autres sont tombés entre les mains de la police. Exemple du réseau Moulay Ahmed Laâroussi, démantelé en juin 2006, et qui a déjà mis à jour de nombreuses ramifications à l'échelle internationale, mais aussi plusieurs complicités tissées avec de hauts cadres de la Sûreté nationale. Laâroussi, baron de Témara, également connu à Ouezzane, faisait l'objet de pas moins de vingt avis de recherche, sans jamais être arrêté ! Et lors de son interpellation, chez lui, à Témara, la police a découvert un lot de 7,840 kg de cocaïne.

Les drogues dures se démocratisent
Ce n'est pas tout. Le dernier rapport d'Europol, l'agence européenne de police, remis en juin dernier aux ministres de l'Intérieur des 25 pays de l'UE, met l'accent sur quatre groupes mafieux jugés particulièrement menaçants pour l'Europe. En tête de liste, on trouve les groupes “africains” (marocains et nigérians) implantés sur la péninsule ibérique, en France et en Belgique. Du sud au nord de l'Europe, ces groupes mafieux contrôlent une grosse partie du trafic de drogue. Le rapport précise que les groupes marocains seraient fortement impliqués dans le trafic de cocaïne. De structure clanique, ils prennent appui sur les anciens réseaux de trafic de cannabis, sur des liens familiaux et sur la puissance des notabilités locales.

Le même constat a été déjà effectué, en 1997, par l'Organisation internationale de police criminelle (OIPC), qui rappelait que le transit de drogues dures à destination du marché européen commençait à emprunter des passages par le Maroc. Extrait du rapport de l'OIPC : “L'opération de police menée à Tanger (ndlr en 1997) contre le réseau de Hmidou Dib a permis, lors de la perquisition menée dans l'un de ses immeubles, de découvrir des paquets de poudre, un stock de plusieurs kilos de cocaïne. Un fait ne souffre aucune contestation : la consommation d'héroïne et de cocaïne continue de se répandre dans les villes du nord, principalement Tanger et Tétouan”. On apprend ainsi que le Maroc ne serait pas qu'une zone de transit mais que la consommation des drogues dures est rentrée dans les mœurs. Déjà !

Le constat est, aujourd'hui, à la portée de tous. Nul besoin de s'aider d'un rapport international pour l'établir. “En société, la cocaïne commence à gagner du terrain sur les autres drogues, c'est un phénomène de mode qui a largement dépassé les sphères de la bourgeoisie”, analyse ainsi le psychiatre Mohamed Battas, qui reçoit régulièrement des patients en cure de sevrage. “Sauf que les populations à moindre revenu se contentent de consommer de la cocaïne de très mauvaise qualité, encore plus nocive que la pure”, ajoute le praticien. Les régions les plus touchées sont le Nord, suivi par Casablanca, sans parler de Marrakech et Agadir, qui sont en train de combler leur retard en la matière.

La déferlante de l'héroïne
Reste le cas particulier de l'héroïne qui fait des ravages, actuellement, dans les villes du nord. Ce qui fait dire à Chakib Khyari, le président de l'Association du Rif pour les droits de l'homme (ARDH), que “la région devrait être déclarée zone sinistrée en matière de consommation des drogues dures, essentiellement l'héroïne”. Une héroïne qui provient essentiellement des régions dites du Croissant d'or (Pakistan, Inde et Afghanistan) et du Triangle d'or (Thaïlande, Birmanie et Laos), en utilisant des points de passage sensiblement différents de ceux de la cocaïne. Si le Nigéria, comme le Libéria ou encore la Côte d'Ivoire, restent de gros fournisseurs d'héroïne, la drogue est souvent convoyée jusqu'à Nador ou Tanger pour suivre la route du cannabis.

Mais que fait l'Etat pour contrer cette alarmante escalade ? La stratégie de l'Administration des douanes, en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, s'est bien traduite par la mise en place d'unités spécialisées, notamment au niveau des principaux ports du pays, en l'occurrence Casablanca, Tanger et Nador. Il y a bien eu l'installation de scanners pour inspecter les conteneurs et les transports routiers au départ des plateformes portuaires. Et puis, la Commission nationale des stupéfiants (regroupant plusieurs ministères de poids, en plus de la DGSN, la Gendarmerie et la Marine Royale) a bien tenu plusieurs réunions tout au long de l'année 2006. Il y a bien eu l'affaire Bin Louidane, qui a suscité de grands espoirs quant à l'éradication du trafic de drogue. Pourtant, et de l'aveu même de plusieurs officiels, tous ces efforts restent largement insuffisants. L'obsolescence du dispositif juridique et les tentaculaires réseaux de protection, qui veillent encore sur les trafics, expliquent largement le terrible constat.


Préservatifs, bananes, bouteilles…
Les techniques de convoyage


Policiers et douaniers s'accordent à reconnaître qu'il est impossible aujourd'hui d'établir un “profil-type” des nouveaux convoyeurs de cocaïne. “Cela peut aller du couple sans histoires à l'étudiant désargenté, en passant par le vieillard missionné pour un voyage. La plupart des 'mules' (nom généralement donné aux convoyeurs) sont recrutées en général pour un voyage ou deux au maximum. Elles sont souvent recrutées par des réseaux qui proposent des deals alléchants via le Web”. Quant à la variété des techniques de convoyage, elle est aussi riche que l'imagination des trafiquants. Quand la cocaïne ne traverse pas les frontières dans des bagages, des tubes de dentifrice ou des bouteilles (de vin, principalement), c'est dans l'estomac qu'elle fait le voyage. De faibles quantités sont enveloppées dans des bouts de préservatifs, avant d'être ingurgitées une par une. Parfois, la “cache” peut se nicher dans les parties génitales féminines, comme ce fut le cas de cette Nigérienne arrêtée en décembre dernier à l'aéroport Mohammed V. Sinon, la coke peut être dissimulée dans des bananes soigneusement évidées, voire - tenez-vous bien - dans les dreadlocks d'une coiffure “rasta”. D'autres encore utilisent, plus prosaïquement, vêtements, chaussettes ou chapeaux imbibés de cocaïne, de la drogue soufflée à l'intérieur de chambres à air. En 1987 - doux sacrilège- un trafiquant avait même dissimulé la poudre entre les pages d'un exemplaire du Coran. Le maximum de drogue transportée ainsi ne dépasse pas le kilo, alors que des quintaux, voire des tonnes traversent régulièrement l'Atlantique dans des yachts, à l'image du fameux Zenith, arraisonné dernièrement par les Espagnols après son départ de Casablanca, avec plus de 2 tonnes de cocaïne.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Sam 27 Jan - 11:55

Cocaïne, héroïne. Prix en baisse, consommation en hausse

La tendance s'est accélérée ces dernières années : la cocaïne est en passe de devenir une drogue de plus en plus usitée au Maroc. Le royaume n'est plus seulement un pays de transit pour les cartels colombiens, puisqu'une partie importante de la drogue est consommée sur place. D'autant que les prix “au détail” ont considérablement baissé. On estime ainsi qu'un gramme de cocaïne se négocie au Maroc autour de 400 DH, soit trois fois moins que dans les années 1990. Idem en ce qui concerne l'héroïne. Selon des acteurs associatifs et des psychiatres, sa consommation a explosé, son utilisation par une grosse partie des toxicomanes étant le résultat d'une chute vertigineuse des prix. Le nord du pays est devenu, ainsi, un véritable laboratoire. Si la cocaïne fait désormais des ravages dans la jeunesse dorée de Casablanca et de Marrakech, l'héroïne s'est fortement “démocratisée” à Nador, où l'on peut se procurer une dose d'héroïne, certes plusieurs fois coupée, pour un billet de 50 DH. “Le pire, note Chakib Khyari, militant associatif de Nador, c'est qu'il s'agit d'un mélange de mauvaise qualité, qui est encore plus nuisible à la santé que l'héroïne pure”. Rien ne semble indiquer que la tendance actuelle à la hausse, en matière de consommation de cocaïne et d'héroïne, puisse être inversée dans les années qui viennent.






Insolite. La fabuleuse épopée du Duanas
L’humoriste Bziz en a fait un sketch hilarant, El Khiari en a tiré un tube décapant : la cocaïne déversée le 21 juin 1997 par le navire Duanas, battant pavillon colombien sur la plage de Sidi Rahal a fait rire (rêver ?), des années durant, une grande partie des Marocains. Et pour cause, ce n'est pas tous les jours que sept tonnes de cocaïne, emballées dans des colis étanches, échouent sur la côte casablancaise, voguant au gré des courants, de Sidi Rahal jusqu'au large d'El Jadida. En monnaies sonnantes et trébuchantes, cela fait l'équivalent de 2 milliards de dollars ! Il s'agissait d'ailleurs de la plus grosse prise de drogue jamais opérée dans un pays du pourtour méditerranéen.
En fait, la drogue devait d'abord être livrée à Carthagène, dans le Sud-est espagnol, avant d'être distribuée dans toute l'Europe. La quantité saisie représente près de deux ans de consommation européenne. Une bonne partie avait d'ailleurs disparu sans laisser de traces. De par sa dimension spectaculaire, l'affaire a pu échapper à l'omerta, qui était de mise à l'époque, pour faire la une de toute la presse nationale. En un mot, chez les officiels comme parmi le petit peuple, l'hystérie est totale. À chaque découverte d'un nouveau lot, la tension monte, le pays est au bord de la psychose. Dans les coulisses, et pour expliquer la déferlante blanche, on parle de “séparatistes en cheville avec Cuba, du cartel de Medellin, de la CIA, du Mossad…”.
À l'époque, Driss Basri et Housni Benslimane, deux hommes qui ne s'appréciaient pas spécialement, vont jusqu'à mettre la main dans la main pour concocter un plan d'urgence avec vedettes rapides, patrouilleurs de la Marine royale et hélicoptères. Un cordon de vigiles, avec piquet tous les cent mètres, va quadriller la côte de Dakhla à Tanger. Ce qui n'empêchera pas la cocaïne de circuler parmi les habitants des douars environnants ! Jusqu'en 2004 d'ailleurs, les autorités vont continuer à arrêter de nombreux trafiquants en herbe, qui avaient réussi à mettre de côté quelques kilos. Des dealers amateurs qui vont écoper de lourdes peines. Pour avoir ramassé, sur une plage, de drôles de coquillages.






Témoignage. “J'ai dealé de la coke à 17 ans”

“Quand j'ai commencé à distribuer de la coke, la poudre était réservée aux jet-setteurs. C'était pour la plupart des jeunes pleins de fric, qui venaient se défoncer dans le Nord, à Cabo Negro ou Restinga”. À l'époque, Jamal roulait carrosse et fréquentait tous les endroits chics de la côte méditerranéenne : “Il m'arrivait de faire des recettes de 50 000 DH par jour. Au début des années 1990, on vendait le gramme de cocaïne à plus de 1000 DH. À vingt ans, comment voulez-vous dépenser autant d'argent ?”.
La carrière de Jamal a démarré alors qu'il venait juste d'avoir ses 17 ans. À Jbel Dersa, le quartier tétouanais de son enfance, on retrouve une forte densité de population, essentiellement une jeunesse désoeuvrée, élevée dans les batailles rangées (avec des jeunes d'autres quartiers) réglées au couteau sur les terrains vagues avoisinants. “Pour se faire respecter, il fallait porter des vêtements griffés, avoir de l'argent de poche, bomber le torse et savoir manier le couteau. Bref , être prêt à tout…”. Pour être “recruté”, il ne fallait surtout pas montrer des signes de faiblesse. Le vocabulaire, les gestes, vous trahissent vite.
Quand le réseau de Nourredine El Hayyati (arrêté il y a deux mois, l'homme est toujours en instance de jugement) le contacte, Jamal en a d'ailleurs assez de jouer au petit caïd avec un groupe de loubards, juste bons à voler des autoradios. La proposition de distribuer de la coke dans les milieux branchés de Cabo Negro le séduit d'autant plus qu'il a toujours rêvé de fréquenter ces boîtes de nuit chics et ces bars de riches. Une carrière de dealer, couronnée de succès, va également lui ouvrir le monde de la nuit à Sebta. “Avec de l'argent, toutes les portes s'ouvrent, même les agents de la Guardia Civil qui surveillent le poste-frontière ferment les yeux. À l'époque, El Hayyati, concurrencé par le clan Temsamani, voulait à tout prix contrôler le marché de Sebta. Il nous avait chargés d'y distribuer de la coke à des prix défiant toute concurrence”. Le métier est lucratif, mais dangereux aussi. “Un jour, j'ai été pris au piège par des voyous à la sortie d'un cinq étoiles à Mdiq. J'ai perdu la marchandise qui m'a été confiée. Et comme je devais la rembourser, j'ai pris peur et je me suis enfui”. Mais Jamal va quand même reprendre du service. “Avec quelques jours de deal, j'ai réussi rapidement à remonter la pente”. Sauf que le dealer, à force de fréquenter les gosses de riches dans les boîtes de nuit, avait fini par prendre goût à son propre “produit”. Cela a commencé par un petit sniff par semaine, juste le samedi, jour de relâche hebdomadaire. “Après, je me suis dit que la cocaïne pouvait m'aider à surmonter ma peur. Quand tu commences à faire dans la dope, tu as toujours la peur au ventre. Et c'est comme ça qu'on finit toujours par devenir soi-même un consommateur”. Rapidement, Jamal est accro, et les doses qu'il devait vendre servaient de plus en plus pour sa consommation personnelle. “J'étais tout le temps défoncé, je ne pouvais plus assurer le rythme pour répondre à la demande”. Non seulement ses commanditaires ne lui ont pas pardonné cet écart, mais voilà qu'il se fait traquer, en plus, par des policiers. Résultat : Jamal se retrouve en prison une première fois en 1998. Détenu dans un pénitencier du nord, il en est aujourd'hui à sa sixième condamnation. À 37 ans, l'homme qui parle n'est plus que l'ombre de lui-même. “Je viens juste de faire une semaine de cachot”, murmure -t-il. Avec un rictus, il explique que la sensation de manque le met dans un tel état qu'il ne sait plus ce qu'il fait. Il se rappelle à peine “avoir défoncé la tête d'un détenu avec une casserole” !
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Lun 29 Jan - 7:44

Achoura
Baba Aïchour a de beaux jours devant lui



Un moment qui cristallise les vieux rites et perpétue les traditions

Le 10e jour de Mouharram est un jour pas comme les autres pour la communauté musulmane. Par référence à ce chiffre, il a été baptisé «Achoura» et a été intégré dans le calendrier des fêtes religieuses.

Contrairement à certains pays, d'obédience chiite, où cette journée est célébrée avec des cortèges funèbres qui voient défiler des hommes, se mutilant le visage, cette date est très attendue par les tout petits du Maroc. Elle porte des promesses d'offrandes et de cadeaux où une ambiance bon enfant rime avec jouets et atmosphère festive.

Au-delà de la dimension religieuse et historique de cet événement, celle culturelle, acquise au fil du temps, est riche en significations. «C'est une manière de célébrer la solidarité dans la joie et la bonne humeur.

Chacun donne de lui-même et de son argent, dans un élan de solidarité. C'est, donc un acte qui vient du cœur.
On essayera, ce jour là, de faire ressortir tout ce qui permet de célébrer les éléments de la vie», affirme Fatouma Benabdenbi, sociologue. Autrement dit, on tentera, par différents moyens, de répondre au besoin pressant de s'amuser et de ponctuer sa vie avec des événements heureux. Achoura constitue un bon prétexte pour entretenir le côté festif de la vie et faire plaisir aux autres comme à soi-même.

Une manière agréable de couper avec le réel triste et monotone pour se réfugier dans le monde féerique des enfants.
Ce jour-là, les adultes n'hésitent pas à descendre dans la rue et à retrouver les jeux de leur jeune âge.

«Sortir dans la rue, c'est aller vers l'autre», nous dira notre sociologue. C'est surtout une manière de réclamer sa liberté. Les jeunes et les femmes qui sont habituellement marginalisés, sortent de l'ombre. En proclamant qu'en cette période de l'année, elles échappent au contrôle des hommes (comme le dit la chanson populaire «Hada Aichour m'alina lahkam», les femmes célébraient leur 8 mars le 10e jour de Mouharram.

Ceux qui ont le privilège, pour une fois, d'habiter les quartiers populaires en savent long sur cet air de fête qui envahit les rues bien avant le grand jour. Les premiers coups de «derbouka», de «bendir» et de «taarija» se font entendre à partir du jour de l'an de l'Hégire. Rites carnavalesques, «harma» ou «boujloud» et feux de joie sont également de rigueur.

Depuis, les enfants ne rêvent que des joujoux que leurs parents leur offriront à l'occasion et des mets délicieux et autres fruits secs auxquels ils auront droit. Achoura est par excellence un moment privilégié qui cristallise les vieux rites et perpétue les traditions ancestrales. Bien entendu, dans une société de l'oral comme la nôtre, le souci de transmission des valeurs est omniprésent. Il est justement assuré par les rites.

Et c'est en décortiquant ces pratiques que notre sociologue met le doigt sur leur pertinence et leur portée hautement symbolique.
« Quand on observe de près les rites de Aachoura, on constate qu'ils font intervenir les éléments essentiels de la vie. Ce n'est pas un hasard si on célèbre le feu (chouala) dont la découverte constitue un grand moment de l'humanité sur le plan ethnologique et sociologique. Quant à l'eau, elle est symbolisée par «Zem Zem». On peut citer également l'encens qui est brûlé pour chasser les démons et les mauvais esprits qui nous habitent.

C'est une manière de nous purifier et de nous préparer à l'avenir.
C'est surtout une quête d'un sens pour la vie», explique-t-elle. C'est dire que Baba Aïchour a toujours la cote auprès des nôtres. On a beau crier aux quatre vents la concurrence que lui fait son confrère chrétien, dénommé «Père Noël», ce dernier ne supplantera jamais notre bonhomme virtuel vieux comme nos traditions.

Il continue d'alimenter notre imaginaire et de peupler nos chansons. «Les manifestations changent mais pas au point de disparaître», assure la sociologue qui regrette que ces traditions soient devenues des rituels de consommation du fait qu'on explique à nos chérubins l'interdit mais pas les fêtes.

Elle préconise par-là même une démarche pédagogique pour les enseigner positivement au lieu de dénigrer sans comprendre la signification profonde de l'événement. «Tout peut être utilisé pour construire et non pour détruire. Nous sommes les acteurs de cette construction parce que nous sommes en charge de la vie», conclue notre sociologue.

REPÈRES
Pratiques courantes
> Maquillage : mettre du henné et du khôl autour des yeux.
> Préparer un met particulier.
> Prier d'une manière spécifique.
> Chez certains chiites, se flageller jusqu'au sang et déchirer les vêtements.
> Visiter le cimetière.
> Acheter des instruments de musique et porter des habits distincts.
> Allumer des cierges ou des feux d'artifices.
> Couper les cheveux avec la conviction qu'ils repousseront plus vite.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Mar 30 Jan - 8:03

La guerre aux cardiopathies congénitales





Des associations se battent pour sauver les enfants "bleus"

Youssef, Mohamed, Younès… et bien d'autres enfants marocains ont en commun le vécu douloureux de la maladie. Tous sont nés avec des malformations cardiaques mortelles, mais tous ont eu la chance, pour leur grand bonheur, d'avoir croisé sur leur chemin les associations " Leïlah" et "Les Bonnes Œuvres du Cœur" à qui ils doivent la vie.

"En fait, ces cardiopathies congénitales sont complexes et non opérables au Maroc. Aucun chirurgien de chez nous ne peut les opérer. S'il n y avait les missionnaires qui nous arrivent de l'étranger en ramenant avec eux du matériel, ces enfants cardiaques ne survivraient jamais. Il en meurt 10 par jour au Maroc ", nous apprend une jeune bénévole de l'association Les Bonnes Œuvres du Cœur qui préfère garder l'anonymat.

Il s'agit donc, d'une coopération bien structurée qui orchestre harmonieusement ces opérations de sauvetage entre " Leïlah " et les Bonnes Œuvres du Cœur. Cette dernière association repère les malades issus de familles défavorisées. Son président, le Dr Saïd Jennane, prépare le dossier médical des petits patients et l'envoie à la première association pour une prise en charge médicale totale. Une fois le document reçu par la présidente, Laïla Haloui-Glenza, il est transféré à Monaco où un cardiologue sur place décide d'une date pour l'opération. " C'est là où les problèmes commencent.

Paperasserie et formalités du visa ne sont pas faciles à régler", affirme-t-elle. Une fois ces soucis bouclés, l'enfant est mis dans l'avion en compagnie de sa maman. Direction : Nice en France. Arrivés à destination, les enfants sont accueillis et conduits au centre cardio-thoracique de Monaco où ils sont assistés jusqu'à leur admission. " Le jour de l'opération, nous tenons la main de la maman quand son enfant est dans le bloc. Nous nous occupons d'elle quand son bébé est en réanimation. Elle est obligée de rester à l'extérieur du centre parce que l'opération est assez compliquée et dure longtemps. Mais le bonheur est énorme quand l'enfant s'en sort. Celui-là même qui était bleu à son arrivées repart tout rose", affirme, émue, la présidente de l'association.

Depuis février 2006 et jusqu'à fin janvier 2007, " Leïlah " a réussi à opérer, à titre humanitaire, 14 enfants dont 7 Marocains et 7 Egyptiens. La dernière opération en date remonte au 12 janvier quand le petit Younès Daoud a été pris en charge par ses soins. Le bébé, âgé de 7 mois à peine, souffrait de transposition des gros vaisseaux, une cardiopathie congénitale complexe cyanogène. Il est rentré au Maroc mardi 23 janvier, tout rose et dans un état de santé satisfaisant après avoir passé une seule nuit en réanimation au centre monégasque.

Une première dans l'histoire de " Leïlah ", ce patient a été pris en charge à 100 % par l'AMO, qu'il s'agisse du transport, du séjour ou des frais cliniques. Une belle initiative saluée chaleureusement par l'association, qui la souhaite pérenne.

"C'est un enfant issu d'une famille démunie, dont le père est ouvrier déclaré à la CNSS et payé hebdomadairement. Il n'a même pas de bulletin de paie. Et pourtant, il a pu bénéficier de cette prise en charge. C'est une chance pour lui et une action à encourager, surtout que n'avons pas une sécurité sociale comme en France. Et c'est un bon début", se félicite Laïla Haloui.

Des enfants sauvés et d'autres qui attendent leur tour pour l'être, c'est ce qui fait le quotidien de l'association " Leïlah " et de sa présidente depuis que le destin a mis sur sa voie la petite Zaineb qu'elle a sauvée, ouvrant ainsi la porte à une activité humanitaire soutenue. A partir du 28 janvier, la grande dame recevra trois enfants : Douâe (2 ans), Rami (4 mois) et Mohamed (2 ans) qui seront opérés grâce à la contribution de bénévoles. Un appel est lancé aux bonnes volontés et aux âmes charitables pour donner la chance de vivre à des enfants menacés par le spectre de la mort.

____________________________


Qui est " Leïlah " ?
L'association Leïlah est née en octobre 1997, à l'initiative de Laïla Haloui-Glenza. Sensible à la pluri-ethnie, cette dernière désirait favoriser les échanges culturels et le rapprochement des cultures arabe, marocaine et européenne à travers l'association. Laïla a alors travaillé sans relâche, en créant et en participant à de nombreux événements culturels, que ce soit sur les sols français (Var et Alpes-Maritimes), marocain ou égyptien.

Sensible à la détresse des enfants en mal de soins, et à celle de leur famille, elle a donné très rapidement une envergure humanitaire à son association. Elle s'est, dès lors, attachée à rassembler des fonds pour pouvoir soigner, en France ou dans leur pays d'origine, des enfants atteints de malformations cardiaques.

Géographiquement, l'association s'attache à l'heure actuelle à soigner des enfants originaires du Maroc (pays d'origine de la fondatrice de l'association), mais aussi d'Égypte où Laïla Haloui-Glenza a longuement séjourné. L'association "Leïlah" repose essentiellement sur le travail de sa fondatrice et du bénévolat.
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MessageSujet: Re: Actualité de Société   Mer 31 Jan - 5:36

Baba Âchour vs Père Noël

Personnage haut en couleurs et imprégné de traditions, il sillonnera les ruelles casablancaises
Son bâton de pèlerin à la main, Baba Âchour part à la conquête de Casablanca. Loin de lui l'idée de voler la vedette à un certain Père Noël. Il convoite plutôt d'asseoir un personnage marocain qui répondrait le mieux aux traditions bien de chez nous. D'autant plus qu'il prendra du service début février, donc aucune crainte pour le vieux barbu vêtu de rouge.

Mieux encore, l'objectif de ses géniteurs, l'Association
«Liqa'ate» - Cont'Act -, est surtout de contribuer à la sauvegarde et à la pérennisation d'une partie du patrimoine national, de ses coutumes, anecdotes et mythes.

«Nos enfants aujourd'hui n'ont plus aucun référentiel par rapport à leur culture. Demandez à nos adolescents et aux moins jeunes des informations à propos de halloween, de la galette des rois ou encore des fêtes de Noël.

Soyez certains qu'ils ne tariront pas de commentaires à propos de fêtes religieuses qui ne nous concernent en rien. Posez la même question à propos de nos coutumes et habitudes et, cette fois-ci, vous serez sûr de poser une colle, tout bêtement ! », explique Rhozali Thaythay, présidente de Cont'Act pour l'éducation et les cultures.

L'idée est de ressusciter ce personnage et, pour ne pas provoquer de choc ou de rebut de la part de la cible à la quelle il est destiné, il a été question de le présenter dans un emballage moderne. De la sorte, il sera accepté par les jeunes générations, saturées de programmes télévisés de cultures loin d'être les nôtres.

Ainsi, Baba Âchour aura pour mission de réconcilier les Marocains, enfants principalement, avec leur patrimoine et leurs traditions ancestrales. Aussi fera-t-il office de médiateur entre les mécènes et les enfants issus des couches défavorisées de la société.

A partir du 3 février et durant une vingtaine de jours, le bonhomme enchaînera visite sur visite, entre orphelinats, maisons d'arrêt et hôpitaux, distribuant cadeaux et fruits secs. Dans le pavillon réservé aux dames au sein d'un centre carcéral, il effectuera une visite avec, dans les bras «souak», khôl et henné.

Parallèlement, Baba Âchour sillonnera les ruelles de la ville, sa grande sacoche remplie de friandises. Et, pour rester dans un concept de réconciliation avec les coutumes ancestrales, le « Berrah » (crieur) sera également de retour pour assurer le volet communication, comme cela se faisait jadis. Quelques jours précédant sa visite dans tel ou tel quartier, le crieur se chargera d'annoncer celle-ci aux riverains.

L'ensemble de ces actions s'inscrit dans le cadre du Festival Âchoura, dont le lancement sera marqué par une parade, menée par Baba Âchour et à laquelle participeront près d'un millier d'artistes, répartis entre troupes folkloriques, enfants costumés, acrobates, magiciens, etc.

Point d'orgue du festival, cette parade prendra le départ au niveau de la Place Errachidi, samedi prochain à 16h, et serpentera les grandes artères jusqu'à la Place des Nations unies.
Le lendemain, et pour rester dans le concept du patrimoine traditionnel, le théâtre Mohammed VI abritera une représentation intitulée «Jnane Salha». Danses, chants et animations diverses signées par des clowns et des magiciens, en plus de Baba Âchour, seront au rendez-vous des petits. La femme ne sera pas en reste, puisque la fête de Âchoura lui est aussi dédiée.
En ce sens, le festival sera ponctué par la consécration de «Soultanat Âchoura», concept qui pourrait devenir «La journée nationale de la femme».

Pour ce faire, lors d'une soirée artistique organisée le 17 février pour rendre hommage à la femme, des cornes de gazelle seront distribuées aux convives. Un seul gâteau renfermera, cependant, une surprise : un Louis d'or qui accordera le titre de Soultanat Âchoura à la plus chanceuse de ces dames. Ce titre l'investira, en revanche, d'une mission à caractère social, comme de prendre en charge les études supérieures d'un jeune défavorisé ou tout autre action de son choix.

Par ailleurs, la première édition du Festival Âchoura s'était déroulée à Rabat et avait profité à quelque 30.000 orphelins. Le choix porté cette année sur Casablanca est justifié par sa position de poumon du Maroc, caractérisée par une diversité culturelle et sociale à même d'accorder une réussite certaine à l'événement. Ultérieurement, comme l'ambitionnent les organisateurs, Baba Âchour et l'ensemble des traditions qu'il porte dans sa musette devront être instaurées dans tout le royaume.

_________________________


Des costumes et des contes«Dessine-moi Baba Âchour» est le thème d'un concours qui a permis la conception du costume que portera dorénavant le vieux monsieur. La compétition avait mis en lice les étudiants de l'école de stylisme «Collège LaSalle», l'objectif étant de changer le costume avec lequel est apparu Baba Âchour l'an dernier, et qui consistait en un burnous et un tarbouche. L'autre objectif de ce concours est de mettre en avant la vision des jeunes par rapport à la façon dont sera vêtu le Père Noël version marocaine.

Plusieurs coups de ciseaux plus tard, la créativité des jeunes donnera naissance à une multitude de costumes, dont seuls trois seront retenus. Le premier prix est finalement revenu à celui mettant en avant deux couleurs principales : le bleu et l'orange.

Le bleu symbolisant l'eau, zem-zem et l'oued, pour la fertilité et la continuité. La couleur orange, quant à elle, fait référence à la tradition de la «Chaâlla», ces brasiers allumés par les jeunes lors de Âchoura. Un autre concours a mis en compétition les élèves de 11 délégations casablancaises de l'enseignement et 11 écoles privées. Intitulé «Raconte-moi Baba Âchour», ce concours a permis la création de contes relatifs au personnage mythique.
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